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Le trac

lundi 17 mars 2008, par Carlos Vaquera

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“Je ne voudrais pas que mon pire ennemi souffre de ces terribles moments.”

     Luciano  Pavarotti

 

 Qui n’a pas connu le trac à un moment donné dans sa vie d’artiste ?

 Ce phénomène terrible qui nous noue le corps et nous freine l’esprit avant et parfois pendant une représentation.

 Ce sentiment d’angoisse au moment de monter sur scène qui nous enveloppe, nous paralyse et nous fait perdre une grande partie de nos moyens.

 Cette appréhension inquiétante face au public qui provoque des tremblements, des palpitations, une bouche sèche, des mains moites et j’en passe et des meilleures.

 Avez-vous déjà vécu cela ?

 Vous êtes vous reconnu dans la brève description des différents symptômes que fait naître le trac ?

 Oui ?

 Tant mieux ! Car j’ai en ma possession quelques outils qui je le sais vont vous permettre d’alléger votre vie artistique et mieux vous faire savourer vos aventures scéniques.

La théorie du trac

 Il y a une théorie qui circule dans le monde artistique et dans notre monde magique en particulier qui dit que le trac apparaît lorsque l’artiste ne s’est pas suffisamment préparé à la situation dans laquelle il va se trouver. 

 Je vais d’emblée contredire cet adage en vous parlant de mon expérience et de celle d’un des plus grands théoriciens et praticiens que la magie de proximité ait connue : notre maître Arturo de Ascanio - attention n’y voyez aucune comparaison, juste deux histoires qui s’additionnent l’une à l’autre.

 Débutons d’emblée par mon expérience personnelle.

 J’ai très vite - sans grande créativité ni maturité artistique - présenté des concours en Belgique que j’ai eu la chance et le bonheur de remporter. Je m’étais, bien sûr, préparé pour affronter ces terribles conditions de travail mais à dire vrai, dans l’insouciance de ma jeunesse artistique, le trac était presque inexistant. A cette époque (lointaine...hé oui !), je pouvais me retrouver en face des plus grands maîtres de notre Art, je n’avais aucune palpitation, aucune boule dans l’estomac ou dans la gorge, aucune accélération cardiaque, rien ! Juste le plaisir de pouvoir partager ma manière de créer des illusions avec les autres. Ce ne sont que quelques années plus tard avec une maturité artistique un peu plus grande que le trac est rentré dans ma vie par une petite porte pour ensuite s’inviter fréquemment. Paradoxalement, à ce moment-là de ma carrière, j’étais beaucoup mieux préparé que dans le passé et pourtant le trac était beaucoup plus présent. Drôle de paradoxe, n’est-ce pas ?!

 Ce premier exemple va, me semble-t-il, à l’encontre de la théorie pré-citée qui dit - je vous le rappelle - que si l’on est bien préparé, le trac n’existe pas.

 J’en profite pour ouvrir une petite parenthèse et citer Kaplan (l’acteur pas le magicien) qui dit que une personne qui, à une étape de sa carrière, voit son trac miraculeusement disparaître, ne tardera pas à quitter la scène. Je vous rapporte également cette anecdote concernant la grande actrice Sarah Bernardt qui répondit à une jeune comédienne se flattant de ne pas connaître le trac : «  Mais cela vous viendra avec le talent !  ».

 Nous pouvons donc déduire selon ces deux grands artistes que l’absence totale de trac signifie que, soit l’acteur possède un talent médiocre ou en tout cas très limité, soit qu’il n’en possède pas du tout. C’est plutôt rassurant pour ceux qui ont fait du trac un fidèle compagnon, non ?

 Le deuxième exemple est celui de Arturo de Ascanio. Ceux qui l’ont vu travailler en spectacle ou durant les conférences qu’il donnait lors de congrès de magie se sont très vite aperçu que de temps à autre le trac se saisissait de lui. Cela voulait-il dire qu’il ne s’était pas suffisamment préparé ? Non, bien sûr ! Arturo avait une sensibilité à fleur de peau qui le rendait, dans certaines conditions, intimidé par son public et c’est cette particularité mentale qui le mettait mal à l’aise. Pour ce qui est de son extraordinaire technique, je ne vous apprends rien en disant qu’il la dominait à la perfection.

 Par ces deux exemples, je peux affirmer fermement que la cause du trac n’est pas exclusivement due à une mauvaise préparation - ce qui peut bien sûr être le cas - mais surtout à une mauvaise image mentale de soi.

 Puisque je vous imagine, amis lecteurs, être de vrais passionnés travaillant votre technique nuit et jour, je ne vais parler que de cette deuxième option : l’imagerie mentale. Pourquoi nous déstabilise-t-elle autant ? La réponse est simple : nous avons tellement envie de bien faire les choses que nous engendrons la peur de ne pas y parvenir. Cette peur consciente n’est pas due aux erreurs que l’on pourrait faire mais au fait que le public puisse voir quelque chose qu’il n’est pas supposé voir. C’est elle qui nous empêche de nous exprimer en toute liberté et d’utiliser toutes nos capacités physiques et mentales.

 Poursuivant ma réflexion, je citerai le mentaliste Tony « Doc » Shiels qui nous dit que le trac touche pratiquement tous les « pros » et beaucoup moins les amateurs. Il explique cela par le fait que le « pro » a effectivement des raisons d’être nerveux étant donné que c’est son gagne-pain qui est en jeu ; si le public ne l’aime pas, il a de quoi s’inquiéter pour son futur. L’amateur, quant à lui, ne connaît pas cette angoisse ; le public attend beaucoup moins de lui et il s’ensuit que la tension à laquelle il est soumis est beaucoup moins grande.

Le trac et ses multiples formes

 J’ai l’intime conviction que nous ne vivons pas une seule forme de trac. Celui-ci varie d’intensité non seulement selon les conditions de travail dans lesquelles nous jouons mais aussi en fonction du public devant lequel nous nous trouvons.

 Permettez-moi de revenir sur mon cas personnel. Je suis capable de présenter de la magie de proximité en face de n’importe quel groupe social, dans n’importe quel endroit sans pour cela souffrir d’un trac “handicapant”. Maintenant, placez-moi en face de magiciens que j’admire, dans un lieu comme l’Escorial par exemple et écoutez les battements de mon coeur. Vous vous rendrez très vite compte que le trac est bel et bien présent et que je dois faire un énorme effort sur moi-même pour le dominer.

 Tout est donc dans l’esprit, n’est-ce pas ?

 Le trac selon mon expérience prend naissance dans notre esprit en fonction de deux données (j’exclue bien sûr de ma réflexion le manque de préparation) :

- La première étant, non pas la peur de l’erreur - puisque en bon professionnel que nous sommes, nous avons pensé à toutes “les sorties de secours” que l’on pourrait utiliser lors d’une situation conflictuelle - mais la peur que nos spectateurs se rendent compte de quelque chose qu’ils ne sont pas supposé voir (je sais, je me répète mais il faut de temps à autre souligner les choses importantes !). Toute notre technique artistique est basée sur le secret et celui -ci doit être gardé coûte que coûte. Cette limitation peut donc créer une peur plus ou moins grande selon notre personnalité et selon nos expériences plus ou moins négatives de notre passé artistique.

- La deuxième donnée est le fait que l’on se sait juger, critiquer par notre public (*). Cette deuxième donnée englobe donc l’image mentale que nous nous faisons de nous-même et de notre public, image qui est souvent éloignée de la réalité. Ce qui est à la fois passionnant et terrible dans la magie c’est que notre Art n’est pas une affaire personnelle, c’est une collaboration entre nous et nos spectateurs. L’acteur Rae Allen disait : “Vous communiquez avec, pas à un public !” Le but étant de créer une symbiose entre ces deux parties. D’un côté, c’est un aspect merveilleux de notre métier mais de l’autre côté cela peut être terrifiant dans le cas où la communication ne se passe pas comme nous le voudrions. Dans ce cas extrême, on risque de s’éloigner de nos spectateurs et de passer à côté de la communion que l’on voulait créer avec eux et sans communion pas de symbiose, avec un résultat très clair : un spectacle raté.

(*) D’ailleurs, dans notre esprit, qui est ce public ? Est-ce ce à quoi il ressemble : un groupe de personnes ? Ou est-ce une “entité” que nous nous inventons et que nous plaçons là pour nous regarder ? “Ce troisième moi” comme le surnommait le grand acteur Italien Salvini, une partie de nous-même qui n’est ni nous-même ni le magicien que nous représentons.

 Ces deux données font parties intégrantes de notre hérédité artistique. Ainsi l’histoire nous dévoile que l’artiste a toujours eu peur d’être vu par ses spectateurs. Si nous remontons le temps jusqu’à l’époque de la Grèce Antique, on constate que les acteurs portaient un masque dans l’unique but de se protéger du regard (diabolique) des spectateurs - une manière efficace pour eux d’amoindrir leur trac en se cachant derrière un faux visage et d’éviter de se retrouver “nu” sur scène.

 Il est vrai que s’exposer seul devant des centaines d’inconnus est une chose qui demande soit beaucoup de courage, soit une grande dose d’inconscience. A vous de choisir !

 Les deux peurs dont nous avons parlé précédemment additionné l’une à l’autre peuvent donc engendrer un stress plus ou moins grand. Qui en douterait ?

 Rassurez-vous, dans quelques instants vous découvrirez les techniques que j’utilise pour atténuer ce mal de la scène que provoque de temps à autre la voie artistique que nous avons choisi comme chemin de vie.

Le siège du trac

 Où se situe précisément les symptômes du trac ?

 Pour certains dans la gorge, pour d’autres dans les mains, pour d’autres encore dans l’estomac, et pour une grande quantité d’entre nous du sommet du crâne jusqu’au bout de nos orteils.

 Il semblerait pourtant que le lieu physiologique du trac varie selon l’art que l’on pratique. Un violoniste ou un pianiste ne sera absolument pas gêné par un manque de salive tandis que le trompettiste ou le chanteur le sera. En revanche le violoniste ou le pianiste aura certainement les mains froides et moites, tandis que le trompettiste ou le chanteur aura la bouche sèche. Notre esprit semble donc diriger nos angoisses dans les lieux stratégiques de notre corps afin de nous empêcher de nous exprimer librement.

 Esprit, pourquoi es-tu là ?!

Le bon et le mauvais trac

 Ce défaut peut aussi se corriger par le moyen d’un entraînement mental, comme dans le cas de notre propre conscience. Le meilleur remède consiste à acquérir le sens des proportions, et garder à l’esprit les mots de Hamlet : “Il n’y a rien comme le mauvais ou le bon, c’est la pensée qui fait la différence.”
     S.H. Sharpe (Neo-Magic)

  Revenons à mon expérience scénique et plus particulièrement à mon one-man-show “Démons et Merveilles”. Avant de monter sur scène invariablement le trac fait toujours son apparition, mais Dieu merci, il s’en va dès que les rideaux s’ouvrent et que le public apparaît. Ça c’est ce que j’appelle le bon trac ; celui qui stimule, celui qui nous met dans un état d’énergie plus grand, celui qui nous pousse à nous surpasser, celui qui nous prépare à affronter les dangers et les plaisirs du “seul sur scène”. Bizarrement, plus la salle est grande et plus le public est nombreux, moins j’ai le trac ?!

 Il existe aussi ce que j’appellerai le mauvais trac qui, je dois le confesser, a fait aussi parti de mon vécu professionnel. Vous l’avez certainement rencontré : celui qui se fait tenace, qui ne s’en va pas dès l’ouverture des rideaux, qui nous accompagne jusqu’à la fin de la représentation, qui nous diminue au lieu de nous grandir, qui nous perturbe et nous déséquilibre totalement. Ce trac terrible qui nous amène à nous demander si l’on est bel et bien fait pour ce métier de représentation ?! Heureusement pour moi, il ne s’est immiscé que très peu de fois dans ma carrière mais sa seule présence peut nous envelopper de tant de doutes et d’incertitudes que l’on commence à se poser des questions sur notre futur artistique. Il est si incontrôlable et si terrifiant qu’il peut provoquer une souffrance telle qu’elle devient plus importante que le plaisir d’être sur scène. Ce mauvais trac devient tellement handicapant et négatif que certaines personnes sont prêtes à changer de voie artistique pour s’en défaire à jamais.

 L’histoire de ce comédien alcoolique très populaire est assez répandue dans le milieu théâtral. Son nom attirait un large public mais à cause de son addiction pour l’alcool il lui était devenu impossible de mémoriser un texte. Il en était venu à travailler avec un écouteur qui était relié à quelqu’un qui lui dictait tout son texte. Incroyable mais vrai !

 Cet autre exemple est aussi éloquent : c’est le cas d’un comédien talentueux mais qui ne parvenait plus à contrôler son trac devant ses spectateurs. Il avait l’habitude de boire la moitié d’une bouteille de gin avant chaque spectacle. Un de ses collègues disait de lui : “ Cela tue son trac et par la même occasion son jeu d’acteur !” Il abandonna donc les scènes de théâtre pour se libérer de cette phobie et accepta exclusivement des rôles au cinéma. Dans son cas, cet inconvénient psychologique fut une chance inouïe car il devint l’un des acteurs de cinéma les plus populaires de son époque. Comme quoi, le trac peut aussi mener au succès !

Les traumatismes

 Le trac peut être tellement traumatisant que des symptômes physiques peuvent apparaître. L’exemple de la comédienne Helen Hayes est typique. Avant chaque “première”, elle devenait sourde. Voici ce qu’elle-même disait sur cette maladie psychologique : « Je ne pouvais rien entendre d’autre que ce qui était dit sur scène. » Il semblerait que sa surdité sélective représentait pour elle une manière de se concentrer exclusivement sur ses partenaires de scène et non pas sur le public. Elle trouva au moins un aspect positif à son angoisse - ce qui n’est pas le cas pour tout le monde. 

 Une des choses les plus terribles du trac, c’est qu’il semble que celui-ci ne disparaisse jamais, même après des centaines de représentations. L’exemple du chanteur Jacques Brel est révélateur. A chaque fois qu’il devait se produire sur une scène, une crise d’angoisse tellement forte se saisissait de lui qu’il devait courir à la toilette pour vomir. Notre ami Otto Wessely a le même problème mais c’est d’un autre coté qu’il s’exprime - si vous voyez ce que je veux dire ?!

 J’ai également en mémoire le souvenir d’une amie comédienne qui a chaque “première” faisait une crise d’urticaire tellement forte que des rougeurs et des démangeaisons lui rendaient la vie impossible ; ou encore celui d’une autre amie chanteuse qui avant chaque concert d’importance avait subitement une extinction de voix.

 Les exemples sont innombrables, ils vont de l’apparition cutanée, aux problèmes de voix jusqu’au trou de mémoire. Le paradoxe dans tout ça c’est que c’est notre inconscient qui crée ses effets pour nous soulager ou nous éviter de vivre quelque chose de négatif.

 Cela mérite quelques explications supplémentaires : imaginons un cartomane qui doit dans une de ses routines dominer une technique difficile. Admettons qu’il ait travaillé comme un fou pour la maîtriser - ce qu’il arrive à faire dans son environnement habituel avec plus ou moins de succès. Ce travail a donc été l’objet d’un effort important qui lui a pris énormément de temps. Son inconscient a bien sûr mémorisé ce travail comme quelque chose d’ardu, de difficile, engendrant même une certaine dose de peine physique et morale. Le jour de sa première démonstration publique, lorsque son inconscient va voir s’approcher cette difficulté technique, il va vouloir la faire disparaître afin de ne plus le faire souffrir, et c’est ainsi que le trou de mémoire apparaît brusquement. Fascinant, non ?!

Les mauvais remèdes

 Comme vous avez pu vous en apercevoir lors des exemples précédents, certains artistes essaient d’oublier leurs peurs par la consommation d’alcool et parfois de drogue. Quelques fois ces remèdes aident à cacher momentanément leurs angoisses mais non content de les faire disparaître, ils font par la même occasion disparaître leur talent. Avouez que cet effet secondaire n’est pas des plus salutaires pour leur longévité artistique - sans oublier que la drogue et l’aclool rendent le corps dépendant. Le cercle infernal les invite donc à sombrer un peu plus profondément dans ces deux substances et à un moment donné, il est trop tard pour qu’ils s’arrêtent sans séquelles. Ce qui engendre par la même occasion un manque de confiance de la part de leurs proches et une réaction implacable de la part des producteurs et des agents qui n’osent plus signer avec eux par crainte qu’ils ne soient plus apte à remplir leur contrat. Je ne vais vous donner aucun nom mais je suis sûr que vous en connaissez probablement autant que moi dans le domaine de la chanson, du cinéma, de la comédie et bien sûr de la magie.

Les bons remèdes   

 En sachant que le trac prend naissance dans notre esprit, pouvons-nous le diminuer par notre raison ? Cette question qui parait simple n’est pas pour autant facile.

 Combien de fois avant de monter sur scène nous nous sommes dit : “Ça ne sert à rien d’avoir peur, le public est là pour moi, il m’aime. Je ne dois plus trembler ! Je ne dois pas perdre mes moyens ! etc.” Et malgré cela, rien ne changeait, au contraire le trac semblait s’amplifier.

 Si le trac ne dépend pas de notre raison, cela sous-entend que pour le faire disparaître nous ne pouvons pas faire appel à notre système nerveux volontaire mais bien à notre système nerveux involontaire que l’on nomme également système nerveux sympathique.

 Afin de mieux comprendre ce processus mental, je vous propose un petit détour au coeur de la relation entre notre esprit et notre corps en utilisant le savoir précieux de Madeleine & Yves DIENAL (voir bibliographie en fin d’article).

 Permettez-moi d’emprunter leurs mots :

 
 
Parallèlement à l’Esprit qui se divise en conscient, subconscient et inconscient, le système nerveux se partage en deux systèmes :

- L’un, Volontaire, commandé par le conscient qui est le Système Nerveux Central. Nous en sommes le maître ! Nous lui donnons des ordres pour marcher, courir, parler, ouvrir ou fermer les yeux, pour ordonner à nos sphincters de s’ouvrir ou de se fermer afin de faire nos besoins naturels, etc. 

 
- L’autre, Involontaire, qui échappe au conscient ; c’est le Système Sympathique qui commande toute la mécanique viscérale. Là, nous ne sommes plus maître de quoi que ce soit. Nous ne commandons plus rien, ni les battements de notre coeur, ni notre digestion, etc., c’est lui qui s’en charge pour nous à notre insu.

 Schématiquement, pour qu’ils s’adaptent aux deux temps de notre existence, l’action d’une part et le repos d’autre part, le système sympathique se divise lui-même en deux autres systèmes : le système Orthosympathique et le Système Parasympathique.

Le Système Orthosympathique

 De manière inconsciente et involontaire, il crée dans notre organisme les conditions physiologiques de l’Action. C’est lui qui va “faire monter l’adrénaline”, stimuler l’activité du coeur, précipiter le rythme respiratoire, modifier la distribution du sang dans l’organisme, le charriant des viscères abdominaux aux muscles, aux poumons et au cerveau, accélérant ainsi les échanges qui permettent à l’organisme de mobiliser toutes ses énergies en vue de l’action et du combat (combat que certains d’entre nous risquons de vivre avec quelques-uns de nos spectateurs).

Le Système Parasympathique

 Toujours de manière inconsciente et involontaire, il crée dans notre organisme les conditions physiologiques du repos et de la reconstitution : stimulation de la digestion gastro-intestinale, réserves de glucose dans le foie, relâchement de la tension cardio-vasculaire, ralentissement du rythme respiratoire, relâchement des muscles, détente cérébrale, permettant ainsi à l’organisme de reprendre des forces.  

 Je termine là mon emprunt et j’enchaîne sur l’expérience d’un spécialiste de l’hypnose. Il affirmait que tout trouble psychosomatique est une traduction organique d’un événement émotionnel ou conflictuel. Il ajoutait que l’hypnose qui se situe à l’intersection des phénomènes psychiques et somatiques, était donc particulièrement apte à traiter les affections qui concerne l’esprit et la pensée. De plus, les récentes découvertes en psychobiologie (elles révèlent comment nos attitudes et nos émotions provoquent des changements physiologiques et biochimiques sur notre corps) et en psycho-neuro-immunologie (elle mettent en lumière les interrelations entre le système nerveux central, le système immunitaire et le système neuroendocrinien) montrent clairement combien le mental agit sur le corporel.

 En sachant tout cela, comment alors se rendre maître d’un système qui est indépendant et incontrôlable ? C’est là que les techniques de la PNL (programmation neuro-linguiste) (*) vont nous être utiles.

Le pouvoir de l’imagination  

 “Toute idée conçue dans l’âme est un ordre auquel obéit l’organisme : ainsi, la représentation de l’esprit produit dans le corps ou une vive chaleur ou le froid : elle peut engendrer ou guérir la maladie.”
    Thomas d’Aquin (**)

(*) La Programmation Neurolinguistique (PNL) est une conception de la communication et du comportement chez les êtres humains qui a été développée en 1975 par Richard Bandler, John Grinder, Leslie Cameron-Bandler et Judith DeLozier. Cette approche a tout d’abord été mise au point grâce à un processus d’observation systématique de Virginia Satir, Milton H. Erickson, Fritz Perls et d’autres grands maîtres de la thérapie.

(**) Saint Thomas d’Aquin, 1225-1274. Sa pensée théologique repose sur deux axes fondamentaux : “Une confiance active en la raison, Une référence permanente à la nature.”

Sa vision optimiste réconcilie foi et raison en mettant les ressources de la raison au service de l’intelligence de la foi, au point de constituer la théologie en science véritable - celle des choses divines construites à l’aide de raisonnements et de démonstrations conformes aux principes aristotéliciens. Voici une de ses nombreuses citations : “Si nous résolvons les problèmes de la foi par seule voie d’autorité, nous posséderons certes la vérité mais dans une tête vide !”

 C’est Edmund Jacobson qui en 1942 a mesuré pour la première fois la contraction musculaire impliquée dans la course à pied chez un athlète en relaxation totale mais qui s’imaginait en train de courir. Il a pu nettement s’apercevoir que le travail musculaire créé par l’esprit s’apparentait à celui créé par un véritable effort physique. De là est née la théorie qui dit que le système nerveux sympathique, ne fait aucune différence entre une situation vécue mentalement et une situation vécue dans la réalité. Cette théorie a engendré plusieurs techniques qu’utilise au jour d’aujourd’hui la médecine sportive. Celles-ci apprennent à l’athlète le travail de la préparation mentale, de la visualisation d’épreuves et de l’anticipation des performances.

 Le multiple champion du monde de karaté (*) et acteur américain bien connu Chuck Norris a très tôt dans sa carrière sportive utilisé ces techniques. Voici ce qu’il décrit dans son livre (voir bibliographie) :

  “Il y a trois facettes pour devenir un gagnant : le mental, le psychologique et le physique.

 Il y a un vieil adage auquel j’ai toujours cru : “Celui qui se prépare à perdre, perd.” Un gagnant pense à gagner, un perdant à perdre. Un gagnant se dit à lui même : “Quand je gagne...”, alors que le perdant se dit à lui-même : “Si je gagne...” Le gagnant doit avoir une attitude positive. il doit se visualiser en train de marquer des points et de voir l’arbitre lever sa main pour lui donner la victoire. Ces images positives créent alors le pouvoir et les données lui permettant de gagner. Mais les images positives ne serviront à rien si vous ne vous êtes pas préparé mentalement, psychologiquement et physiquement.

 Je crois que si vous considérez la possibilité de perdre, vous perdrez, car votre subconscient acceptera ce fait.”

 Michel Ricquier, musicien et spécialiste du trac (voir bibliographie), dit que l’idée que l’on se fait des difficultés est plus importante que les difficultés elles-mêmes. Il ajoute que si nous pensons être incapable de réaliser une action, quelle qu’elle soit, notre système nerveux va envoyer des messages spécifiques qui vont limiter ou supprimer notre capacité à atteindre ce résultat. Au bout de la route l’intention avec laquelle nous allons exécuter une action est plus importante que l’action elle-même. L’exemple de l’enfant qui se tient en équilibre sur une chaise et que sa maman gronde en disant : “Attention tu vas tomber !” introduit dans l’esprit de ce dernier l’image de la chute et par conséquent, les probabilités pour qu’il tombe sont grandes. Par contre si la maman avait dit : “Ne bouge plus et garde ton équilibre !”, cela aurait éviter d’induire dans son esprit l’image mentale de sa chute et il y a de fortes chances pour qu’elle soit arrivée à temps pour le prendre dans ses bras.

 Dans le même ordre d’idée, un des principes de base du jeu de l’acteur est que si la préparation mentale du rôle (tout le travail imaginaire adapté à la réalité du rôle) a été un succès, seulement alors son expression physique suivra naturellement. Dans le cas contraire, les spectateurs assisterons à une mauvaise

(*) Chuck Norrisa remporté à 6 reprises le championnat du monde de karaté.

interprétation de l’acteur dénuée de jeu. La plupart des grands professeurs d’art dramatique vous diront que le travail intuitif n’existe pas, seul compte le travail de préparation mentale du rôle qui s’enchaîne ensuite par de nombreuses répétitions (essais, improvisations qui meneront l’acteur ou le comédien petit à petit vers la réalité du personnage).

 Notre inconscient ne fait donc aucune différence entre une scène que nous imaginons et une scène que nous vivons réellement. En sachant cela, il nous sera facile de nous reprogrammer (de nous désancrer pour utiliser un terme de PNL) afin de nous imprégner d’images positives et relaxantes. Nous allons en quelque sorte pouvoir utiliser cette fonction de l’esprit pour notre plus grand bien. Comment ? En créant différentes visualisations et différents ancrages qui nous permettront de revivre dans notre présent une situation très agréable appartenant à notre passé (vous me suivez ? Oui, je sais ça à l’air compliqué à la première lectrue mais vous verrez qu’il n’y a rien de plus simple).

 La base des techniques que vous allez découvrir dans quelques instants est empruntée à la Programmation Neurolinguistique (PNL). C’est une technique qui a fait le tour du monde et a aidé des millions de personnes. Elle est reconnue par les professionnels de la thérapie, de la communication, de l’éducation et de la psychologie. (voir bibliographie) 

La visualisation et l’ancrage

- Accordez-moi une minute, dit-elle.

Le lieutenant la regarda avec attention.

- Vous allez bien ?

- Très bien. J’ai juste besoin de reprendre ma respiration pour me sentir fin prête.

Elle eut un petit sourire d’excuse.

- On a beau aimer les gens, dit-elle, on dresse facilement un mur autour de soi quand il y a foule. J’ai besoin de briser ce mur avant d’affronter mon public.

 Extrait de “Les Chroniques des Furets” - Furets des mers à la rescousse de Richard Bach, Éditions Michel Laffon, 2002.

 Qu’est-ce qu’une visualisation ?

 C’est revivre de manière intense une scène positive de notre passé plus ou moins lointain en la visualisant avec tous nos sens (la vue, l’odorat, le toucher, l’ouie et pourquoi pas le goût ? - la fameuse madeleine de Proust est un exemple de la littérature française que tout le monde connaît).

 Qu’est-ce qu’un ancrage ?

 C’est le déclencheur du réflexe conditionné (la visualisation programmée).

 Il suffit de relier un état intérieur (des images positives de notre passé - la visualisation) à un stimulus extérieur (le contact physique avec une partie de notre corps - l’index et le pouce par exemple) pour le créer.

 L’état intérieur sera l’état dans lequel nous nous trouvions lors de cette magnifique expérience appartenant à notre passé.

 Le déclencheur sera un stimulus que nous allons créer en touchant une partie précise de notre corps (vous avez l’embarras du choix : un doigt, une hanche, un nez, un coude, etc.).

 Vous trouverez ci-dessous deux des différents ancrages que j’utilise personnellement avant de monter sur scène.

 Le premier a un rapport direct avec un stage de karaté que j’ai fait à Saint-Malo dans les années 1980.

 Imaginez la scène : Il est 8h00 du matin, une légère brume s’étend sur la plage, le bruit de la mer berce agréablement ma respiration profonde et lente, je suis assis en zazen, mes genoux, mes tibias et mes pieds sont en contact avec le sable humide et j’ai l’agréable sensation de ne faire plus qu’un avec l’univers. A chacune de mes inspirations, un air frais et pur se distille à travers mes poumons et l’odeur de la mer atteint mes narines. Le soleil commence à percer les nuages et à chauffer mon corps, les mouettes volent au dessus de moi en émettant leur cris strident, un léger vent souffle sur ma peau. Je me sens vivre plus intensément à chaque seconde qui passe. Je me sens formidablement bien. 

 Si vous avez pu grâce à cette petite description sentir ne fut-ce qu’une petite partie de mon expérience, c’est que pour vous la visualisation sera une étape facile à vivre.

 Tous les soirs avant de m’endormir je me transportais mentalement sur cette plage et je revivais chaque détail de cette belle expérience. En revivant cette scène je me suis créé un ancrage situé physiquement au point de contact entre mon index et mon pouce droit afin que plus tard lors d’un spectacle stressant je puisse en réunissant ces deux doigts (le déclencheur), revivre mentalement cette scène relaxante.

 Je vous conseille de créer ces ancrages de préférence le soir avant d’aller vous coucher car pendant votre sommeil votre inconscient va s’imprégner plus profondément de toutes les informations que vous allez lui transmettre. C’est durant le sommeil que cette méthode sera la plus efficace. Ensuite avec l’habitude, vous n’aurez plus besoin de fermer les yeux pour visualiser et sentir ce que vous vous êtes programmé. Vous pourrez pratiquer n’importe où et à n’importe quel moment du jour ou de la nuit cet exercice mental à chaque fois que le stress fera son apparition.

 Mon deuxième ancrage est une suite d’heureux événements que j’ai compilé les uns à la suite des autres. Il y a mon premier prix à Las Vegas, celui de Londres, mon heureuse participation au théâtre des Beaux-Arts dans “Fantômas”, celle du théâtre Royale des Galeries, et ma tournée en Belgique durant mon one-man-show. Ce que j’ai fait dans cette compilation n’est pas de revivre toutes les scènes de manière détaillée mais plutôt de ne sélectionner que les moments où j’étais face à mon public en train de recevoir leurs magnifiques applaudissements. J’ai ancré cette suite d’images et de sensations au niveau de mon pouce et de mon majeur droit. De cette manière-là, à chaque fois que je les mets en contact, je suis submergé de ces formidables énergies positives que j’ai reçu lors de ces merveilleux moments de ma vie professionnelle.

 Aujourd’hui, avant de monter sur scène, j’utilise ces deux ancrages qui me permettent presque instantanément de me mettre sous les meilleurs conditions mentales. Mon trac est bien sûr toujours présent mais dès que j’utilise mes ancrages, il s’atténue fortement et me permet de prendre beaucoup plus de plaisir avec mes spectateurs.

 Pour que les choses soient claires, voici un résumé de la méthode de visualisation et des ancrages tirés des techniques de PNL : 

 1) Visualisez les scènes de votre vie que vous avez sélectionné pour le bien-être qu’elles vous procuraient.

2) Au moment où votre état de bien-être est à son apogée, activez votre ancre en appuyant fortement votre pouce sur votre index droit (si comme moi ce sont ces deux doigts que vous avez choisi pour créer votre ancrage).

3) Ensuite, recommencez ce même exercice mental plusieurs fois par jour (de préférence le soir) en prenant soin de visualiser les mêmes images associées au même ancrage. Faites-le pendant plusieurs semaines.

4) Après vous êtes programmé de cette manière-là, vous serez prêt à activer vos ancrages n’importe où et à n’importe quel moment.

5) Passez à un second ancrage en suivant les même étapes et ainsi de suite.

La bulle de protection

 J’ai emprunté à l’étude du langage corporel l’image de la sphèrepour m’en servir dans les cas extrêmes où je devais affronter un public antipathique ou un public plutôt froid ou encore une situation émotionnellement difficile (un rendez-vous important, une personne qui tente de vous déstabiliser, etc.). J’ai préféré lui donner le nom de “bulle” qui correspond mieux à l’image que je m’en suis faites (la bulle dans mon imaginaire me paraît plus légère et plus poétique que la sphère). Si cette image a bien rempli sa fonction pour moi, je suppose qu’elle aura le même effet pour vous.

 
 
Dans l’étude du langage corporelle il existe 4 sphères corporelles :

1) La sphère intime qui correspond à l’avant-bras replié coude au corps. C’est la zone qui délimite notre intimité et qui est une zone affective par excellence.

2) La sphère personnelle qui correspond au bras tendu et qui permet une communication amicale.

3) La sphère sociale qui correspond tout simplement à la somme de deux zones personnelles et qui symbolise une communication d’aspect plus professionnel.

4) Et finalement la sphère publique qui se situe au-delà de la sphère sociale.

 Ces différentes sphères varient de diamètre selon le pays d’origine de votre interlocuteur. La sphère sociale d’un japonais par exemple sera beaucoup plus petite que celle d’un aborigène qui vit dans de grands espaces.

 Ces sphères imaginaires peuvent aussi devenir un outil de travail et de protection pour la gérance de notre stress.

 
 
Certains d’entre nous peuvent se protéger grâce à elles et d’autres au contraire se laisser envahir. Vous souvenez-vous d’une rencontre avec l’une de vos connaissances qui après avoir partagé un moment avec vous, vous laisse complètement vide ? Un peu comme si elle était rentrée dans votre sphère personnelle pour y puiser toute votre énergie. Ou au contraire, vous souvenez-vous d’un jour où vous étiez complètement à plat et après avoir quitté votre ami vous vous êtes senti beaucoup mieux ? Ces deux exemples font certainement partie de votre expérience de vie. Et tant mieux car vous allez en profiter pour vous en servir de manière consciente et positive, que ce soit dans votre vie professionnelle ou privée.

 Si après avoir utilisé vos ancrages, vous vous sentez encore nerveux avant de monter sur scène, vous pouvez alors avoir recours à cette autre imagerie personnelle qui est la bulle de protection. L’idée est toute simple, elle consiste à visualiser mentalement votre bulle personnelle comme s’il s’agissait d’un bouclier invisible qui vous protège de toutes les mauvaises pensées ou influences qui pourraient vous toucher. Vous l’imaginez flottant dans l’espace et vous suivant partout de manière légère et subtile. Elle peut être transparente, parfaitement ronde ou si vous le souhaitez se transformant à chacun de vos pas. Vous déclenchez ce bouclier une seconde avant de monter sur scène pour l’enlever dès que votre prestation a eu lieu. Cette bulle de protection peut aussi vous être utile lors de rencontre avec des gens qui sont des manipulateurs ou des déstabilisateurs de plus ou moins grands talents. Le seul danger de cette technique, est qu’elle peut vous couper du monde extérieur. Cette bulle est en quelque sorte l’équivalant du “quatrième mur” que les comédiens utilisent au théâtre. Attention, il faut savoir s’en servir correctement si l’on ne veut pas perdre le contact avec nos spectateurs !

Le travail de l’inconscient

 “Certains d’entre nous commencent à apprendre ces choses-là de façon subconsciente.

 Notre esprit ne les accepterait pas à l’état de veille, alors nous faisons nos miracles en dormant.”

 Extrait de “Le Messie récalcitrant” de Richard Bach, Éditions Flammarion, 1978 .

 Parlons une fois encore de l’incroyable travail que réalise notre inconscient. Je vais prendre un exemple précis que la plupart d’entre vous ont certainement déjà vécu des dizaines de fois dans votre vie artistique. Vous souvenez-vous du nombre d’heures pendant lesquelles vous avez travaillé une technique difficile sans pour cela arriver à la dominer ? Puis, lasser de tant de répétition, vous l’avez laissé tomber pour vous occupez de techniques plus accessibles. Ensuite, après plusieurs semaines, sans réellement savoir pourquoi, vous l’avez reprise en vous rendant compte que vous la maîtrisiez mieux qu’auparavant. C’est un peu comme si durant ce laps de temps plus ou moins court où vous aviez cessé de la travailler, votre inconscient quant à lui avait continué à assimiler toutes les informations que vous lui aviez transmis. C’est donc tout naturellement qu’un beau jour cette technique resurgit dans votre conscient après que votre inconscient vous ait montré la bonne manière de l’exécuter. Surprenant mais vrai !

 Avant de m’intéresser à l’esprit de manière plus approfondie et sans connaître les techniques de PNL, j’avais déjà utilisé efficacement les techniques de visualisation pour atténuer mon trac. Elles m’ont rendues de bon services et je les considère comme une preuve supplémentaire du bon fonctionnement du travail de l’imaginaire. Je l’ai mis en pratique pendant plus de neuf ans à la télévision nationale belge avec succès.

 Imaginez-vous un instant en tant que présentateur d’une émission de variété en prime-time qui rassemblait plus d’un demi-million de téléspectateurs à chaque retransmission. Si vous pensez à cette quantité impressionnante de personnes qui sont accrochés à vos mots, je pense qu’il vous sera difficile d’ouvrir la bouche ne fut-ce qu’une seconde. En fait, l’astuce psychologique que j’avais trouvé lors de ces enregistrements télévisuels était tout simplement d’imaginer que je parlais à une seule personne, une personne que j’aimais plus que tout et qui m’acceptait tel que j’étais avec mes qualités et mes défauts. Cette fantaisie de mon esprit me permit d’avoir beaucoup moins de pression psychologique et de vivre mon aventure télévisuelle de manière beaucoup plus sereines. Une autre chose qui m’aida à être plus « léger » a été de ne plus être à la recherche de la perfection (ça c’était le travail le plus aisé vu que j’en étais loin !). Dès que vous acceptez d’être imparfait, tout devient soudainement beaucoup plus facile. Et en plus vous devenez beaucoup plus authentique, plus accessible et donc beaucoup plus touchant pour votre public.
 

L’auto-suggestion

 Une autre technique très efficace que vous pouvez utiliser est l’auto-suggestion. Grâce à une induction hypnotique, vous pouvez sans trop de contrainte arriver à modifier votre état de conscience. Les suggestions formulées peuvent alors servir de “reprogrammation” ou de “programmation supplémentaire” qui effacent l’ancien programme :“J’ai le trac” et le remplace par un nouveau plus positif. C’est aussi simple que cela. C’est une méthode extrêmement efficace que vous pouvez utiliser verbalement ou par le biais d’une cassette audio ou d’un CD. La seule erreur à ne pas commettre lorsque vous vous suggestionné ou enregistré est d’éviter de dire : “Je n’ai pas le trac”. Cette formule est négative car elle utilise le mot “trac”. Vous allez donc automatiquement revivre les mauvais moments de votre passé artistique dans lequel il était bel et bien présent. Une formule plus intéressante et plus positive serait de dire  : “J’ai confiance en moi” ou “Je vis intensément mon présent sans aucune peur”, etc. Vous serez alors beaucoup plus efficace. N’oubliez jamais que votre mental n’accepte pas les négations, au contraire il réagit inversement à leur suggestion. Si je vous dis : “Ne pensez pas au huit de coeur”, la seule chose à laquelle vous penserez sera justement à cette carte, n’est-ce pas ?

 Pour clôturer cet article, je vous transmets quelques conseils supplémentaires qui m’ont aidé à vivre mes passages scéniques avec plus de légèreté.

 
- Soyez honnête avec vous même

- Aimez sincèrement les autres

- Soyez à la recherche du plaisir 

- Acceptez que vous soyez imparfait

- Ne cherchez pas à paraître mais à être

- Lancer vous des défis et n’ayez pas peur des échecs

- Apprenez à respirer avec le hara (une bonne respiration remplit d’abord le bas du ventre, puis l’intercostal et enfin les poumons supérieurs)

- Jouez avec votre imagination car comme vous l’avez appris, elle est une arme redoutable

- Utilisez vos ancrages et si nécessaires vos bulles de protection

 Que le bon trac soit encore avec vous et que le mauvais disparaisse à jamais !



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Les derniers commentaires

  • > Le trac

    par MONSEMPES (IP:xxx.x5.179.81) - 18 avril 2008 10:58

    Voila un bon article sur le trac/stress de l’artiste et un bon exemple de solution avec la description de l’ancrage de ressource. Simple et efficace. Je propose souvent un peu d’EFT et de technique de centrage en plus de l’ancrage



    Jean Luc

    Voir en ligne : http://www.repere-pnl.com

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